[latex]
Bac General
Centre d’examen : Polynesie
Matiere : Cinema-Audiovisuel
Annee : 2026
Session : Normale
Duree : 3h30
Repere : 26-ACINAPO1
Calculatrice : non autorisée
Première partie (10 points) : analyse
High School, Frederick Wiseman, 1968
Extrait de 00:29:09 à 00:33:00
Vous analyserez de manière précise et argumentée l’extrait proposé.
Deuxième partie (10 points)
Vous traiterez l’un des deux sujets suivants :
Sujet A : réécriture
Vous proposerez une réécriture cinématographique de l’extrait proposé en première partie de l’épreuve à partir de la consigne suivante :
Vous imaginerez que la lycéenne, pendant la discussion, sort une autre robe de son sac, pour l’essayer.
Votre note d’intention sera accompagnée des éléments visuels et sonores de votre choix (extraits de scénario, fragment de découpage, éléments de story-board, plans au sol, schémas, indications sonores et musicales, etc.).
OU
Sujet B : essai
En quoi le corps est-il au cœur des questionnements du film High School ?
A partir de votre connaissance de l’œuvre, du questionnement associé « Un cinéaste au travail » et de l’exploitation des documents ci-joints, vous répondrez à cette question de manière précise et argumentée.
Documents pour le sujet B (essai) :
Document 1 : Photogrammes tirés du film de Frederick Wiseman, High School, 1968.
Document 2 : « Obéir », « être un homme », « règlement »… : voilà bien des principes de conduite énoncés dans High School. Cette contrainte s’exerce donc par la discipline, que de micro-pénalités viennent conforter, pour imposer aux corps une conduite normalisée. Dans High School, on ne pourra manquer d’y songer lors des séquences chez le CPE, qui régit les punitions, ou bien dans les cours de gymnastique qui semblent à la fin du film préparer les corps à l’au-delà de l’école, à l’armée et donc immédiatement à la guerre du Vietnam, mais dans un contexte qui reste encore non militaire. L’exercice des jeunes gens avec un gros ballon, et dans la bonne humeur, est en effet immédiatement lié dans le montage au retour de l’ancien élève qui évoque avec son ex-professeur de sport ses camarades blessés au front. Le film suivant de Wiseman, Basic Training, sera d’ailleurs celui de l’incorporation dans l’armée, comme une suite logique.
Anne Mortal, Frederick Wiseman High School, Atlande, 2023.
Document 3 : En deçà des contenus sémantiques, la mise en scène chez Wiseman se rend attentive aux manières de parler, donc aux voix et aux styles d’incarnation de ces discours, qui en disent autant, sinon plus, sur les rapports de pouvoir qui traversent les corps au sein de l’institution. La part corporelle de cette inégalité des voix est particulièrement évidente dans les séquences de discipline. Lorsque le CPE réprimande le jeune homme sans tenue de sport ou celui qui a frappé un camarade, l’exercice du pouvoir passe autant par le langage du CPE que par l’assurance de sa voix. Celui-ci parle fort, sans vaciller, et joint à cela un regard sévère, un visage fermé. Il va même jusqu’à se lever de derrière son bureau pour mieux imposer son ascendant physique à l’élève puni. Mais l’autorité qu’il représente passe aussi dans la façon dont sa parole affecte l’élève qui écoute. Pour mettre en scène le pouvoir en tant que relation, Wiseman cherche à rendre visible l’effet de la contrainte disciplinaire sur l’adolescent. Des gros plans sur les visages des élèves permettent ainsi de témoigner de cette force d’intimidation, voire d’humiliation, du discours de Mr. Allen.
Camille Bui, High School, un film de Frederick Wiseman, CNC, 2023.
Document 4 : Transcriptions de discours sur la sexualité tenus par une gynécologue à une assemblée de lycéennes et par un gynécologue à une assemblée de lycéens, portant sur le contrôle du corps, la contraception, les rapports sexuels avant le mariage et le contrôle des pulsions.
